La débimétrie


Le débimètre mesure la vitesse maximale de l'expiration, se mesure en litres/minute . La débitmétrie aide à faire le diagnostique, à évaluer l'état de la respiration et à modifier le traitement à temps.

Elle dépend de la capacité des bronches de respirer librement.

 D'habitude, Monsieur Asthmatix respire plus difficilement dans la matinée: la lumière des bronches est diminuée, plus étroite. C'est vers le soir que la respiration devient plus libre: les bronches se dilatent.

         La vitesse maximale d'expiration qu'on mesure avec le débitmètre change aussi le long des 24 heures. Un jour, Monsieur Asthmatix a eu des difficultés de respiration au travail. Rentré à la maison, il s'est senti soulagé. Il a senti un soulagement. Le lendemain, il a emporté au bureau son débitmètre. Au déjeuner, il a mesuré son souffle et vu que les chiffres ont baissé. Le soir, après le boulot, ils ont commencé à grimper. Il s'est trouvé qu'on exterminait les cafards dans les bureaux, et c'est comme ça que Monsieur Asthmatix a réagi.

        Si nous continuons à souffler dans le débitmètre, et les chiffres, au matin comme au soir, représentent au moins 80% du meilleur indice (le plus grand), ça signifie que nous avons atteint le niveau du CONTROLE DE L'ASTHME si désirable.

 Et vice versa, si la différence des indices du matin et du soir est supérieure à 20%, cela veut dire que l'asthme gambade à sa guise, et qu'il faut agir tout de suite.

On a recommandé à Monsieur Asthmatix à faire sa débitmétrie debout. On inspire profondément, on saisit l'embouchure du débitmètre et on expire l'aire des poumons d'un mouvement brusque, jusqu'à la fin.

 La fléchette montre la vitesse de l'expiration. Monsieur Asthmatix a mis l'appareil sur sa table de nuit et fait, le matin et le soir, fais trois mesures et note le meilleur indice dans un journal spécial qu'on appelle le graphique.

 Le matin, Monsieur Asthmatix souffle dans le débitmètre juste après avoir ouvert les yeux et s'être étiré et levé du lit, avant de prendre ses médicaments, le soir, avant de se coucher, toutes les inhalations étant déjà faites.

 Monsieur Asthmatix compare les fluctuations journalières de la vitesse maximale de l'expiration pendant deux semaines, en choisissant les meilleurs chiffres dans le graphique.

 Un jour, Monsieur Asthmatix découvre que le débitmètre peut être plus sensible et plus objectif que lui. Le débitmètre peut témoigner du rétrécissement de la lumière des broches avant qu'il devienne difficile à respirer...

Nous remercions le "MEDIFLUX" pour les photos des débitmètres

Dr. Soin-Bobo: "- Qu'est-ce qu'on va soigner?"

 

 

Mr. Asthmatix: - Et bien, les bronches, qui respirent mal. Elle est bien bronchique, cette asthme. C'est comme si quelque chose se fermait de l'intérieur...

 

- Vous avez raison. Le problème est dans les bronches. Les bronches sont notre conduite d'air, les tubes par lesquels l'oxygène accède aux poumons. Et c'est le même chemin qu'emprunte le gaz carbonique, le déchet de notre respiration. Pourquoi ces tubes peuvent se fermer? Parce qu'ils sont vivants et qu'ils réagissent à l'invasion.

 

- Mais qui nous envahit?

 

- Des agents invisibles. Chaque malade d'asthme a son propre ensemble de trouble-paix.  Pour vous, par exemple, Monsieur Asthmatix, le perturbateur, c'est le rhume, c'est-à-dire, un virus. Et le parfum français n'arrivera même pas à vous faire éternuer. 

Mais il y a beaucoup de patients qui ne supportent pas les odeurs fortes, non pas parce qu'elles sont désagréables, mais parce qu'elles rendent la respiration difficile.

 

- Moi je ne ressens aucune odeur, mon nez est presque toujours bouché.

 

- On reviendra encore à votre nez, le nez, c'est archi-important. Maintenant, parlons des agents irritants.

 

- Vous savez, mon patron, c'est aussi un agent, mais bien visible, il fait presque 100 kilos. Quand je suis convoqué dans son bureau, c'est pas croyable comme j'étouffe...

 

- Mais ce n'est pas votre patron qui vous étouffe, mais la crainte, le stress, l'émotion. C'est une raison fréquente des crises.

- Et Madame Dupont qui vit à côté, se plaint que tout effort physique la fait recourir à la ventoline, pour elle, monter à l'étage, c'est un problème. Et Monique, la copine de votre fille, qui est une sportive qui court les 100 mètres haie plus vite que n'importe qui dans son quartier, ne supporte pas les chats et leurs propriétaires, elle commence tout de suite à "siffler".

Donc, chaque malade a sa propre liste d'irritants, et le volume de cette liste peut beaucoup varier. Monique ne réagit qu'aux chats, et Madame Dupont, aux odeurs, à la poussière, au tabac, au gaz d'échappement, au froid, au rhume...

 

             - Et comment procèdent ces agents?

 

-  De façon la plus naturelle. La poussière, le pollen, les odeurs, le stress, c'est ce qui nous entoure tous. Mais les malades d'asthme y réagissent très fort, comme si c'étaient leurs ennemis personnels. C'est à cause d'une sensibilité particulière que se met en marche le mécanisme qui obstrue les voies respiratoires.

Dans les parois des bronches, il y a des muscles circulaires, ils se rétractent, et les bronches, (les tubes respiratoires), se rétrécissent..

La paroi du bronche se gonfle, s'épaissit, c'est-à-dire que le tube se rétrécit encore. Pour se protéger, la paroi émet plus de mucus, ce qui diminue encore plus la conduite d'air.

 

- Quels horreurs vous me racontez là, Docteur! Dites vite, à qui la faute? Et que faire?

 - Commençons par la deuxième question, parce qu'il faut agir vite. Les médicaments qui coupent la crise d'asthme, ressemblent à l'adrénaline (ce sont en effet ses parents éloignés). Rappelons-nous l'homme des cavernes (on est bien au musée!). Pour se sauver des dangers, il lui fallait que la respiration marche sans failles. Alors, l’hormone du stress était rejetée dans le sang. Vous savez, il dilate les bronches aussi bien qu'il accélère les battements du coeur.

 

            - Vous parlez de la ventoline ? C'est vrai, elle coupe vite les crises d'étouffement. Mais quand je suis obligé à inspirer 3-4 doses, le coeur palpite, comme celui d'un lièvre. Et j'ai de mauvais jours où je dois en prendre beaucoup, jusqu'à ce que les mains tremblent.

 

- Vous avez raison, Monsieur Asthmatix. Les petits-fils de l'adrénaline (salbutamol, fénotérol) que nous connassons bien sous les noms de ventoline, bronchodual, mais aussi, terbutaline - brycanile) nous aident à couper une attaque. Mais, d'abord, ils ne nous soignent pas et ne diminuent pas le nombre de crises, et, ensuite, si on les prend sans cesse, les effet secondaires se manifestent pleinement: battements du coeur, tremblements, insomnies, arythmie, etc.

 

Quand nous n'avions, dans notre arsenal médical, que les médicaments de ce groupe, les malades d'asthme ne quittaient pas les hôpitaux. Je me rappelle, on restait pendant tout le service de nuit à sauver le patient d'une attaque, et voilà que l'ambulance le ramenait quelques jours après cette crise.

 

Nous approchons donc la première question: à qui la faute? Et bien, c'est l'inflammation des bronches qui est coupable. Elle apparaît chez les malades comme réaction à l'invasion des "agents". C'est à cause de cette inflammation que les bronches se rétrécissent, se gonflent et produisent du mucus. 

 

- Au fait, vous voulez dire que c'est l'inflammation qu'il faut traiter.

 

- Oui, c'est ce que je veux dire. Et il est important de savoir que cette inflammation est de nature allergique ou similaire.

 

- A vrai dire, Docteur, je ne comprends pas trop ce que c'est qu'une allergie. 

 

- Vous n'êtes pas le seul, la science ne le comprend pas tout à fait non plus. Grossièrement parlant, c'est une erreur du système immunitaire, quand, à l'invasion d'une substance étrangère (la protéine, par exemple), à l'inspiration du pollen ou à la morsure d'une abeille, l'organisme réagit par une mobilisation générale. C'est comme si, pour cause d'une pluie ordinaire, la Seine débordait et il fallait sauver Paris de l'inondation.

Dans le cas du malade d'asthme, il faut sauver le patient de l'inflammation débordante.

 

- Quand j'avais une otite, on me donnait des antibiotiques. Et vous, vous n'en donnez pas...

 

- Mais mon cher monsieur! Nous venons de parler de la nature de l'inflammation. Les antibiotiques n'aident que contre une infection, des microbes... Vous vous rappelez bien, quand votre petit fils souffrait d'une otite purulente, on lui injectait de la pénicilline, et il a eu une allergie à la pénicilline, des éruptions sur la peau...

 

Les antibiotiques tuent les microbes ou les privent de certaines capacités, par exemple, de la capacité de se multiplier. Dans notre cas, il n'y a personne à tuer. Il faut rompre la réaction de chaîne de l'inflammation, dans laquelle participe un tas de différentes cellules. Il faut toutes les arrêter.

 

- Et il existe des médicaments qui peuvent tout simplement intercepter cette avalanche ?

En effet, il existe un tel groupe de médicaments. Dans les années 50 du XXe siècle, la cortisone fit son entrée en médecine. C’est aussi une hormone, proche de ceux qui travaillent activement dans l’organisme humain. Elle est forte dans le combat contre l’inflammation. Mais, comme tout médicament puissant, la cortisone amène les effets secondaires. C’est pourquoi l’invention de l’inhalateur, quand la dose est très petite et qu’elle est ciblée à l’organe souffrant, les bronches, a transformé la vie des malades d’asthme. Je dirais que le traitement de cette maladie est entré dans une ère nouvelle.

Bien sûr, la recherche de médicaments anti-inflammatoires ne s’arrête pas là. Mais les champions d’aujourd’hui sont les inhalateurs à la base de corticoïdes.

 

 

Médicament ou coquille vide ?

 

Un jour, M. Asthmatix attendait son rendez-vous avec le médecin à la réception, et une dame très élégante dans le fauteuil voisin lui conta une histoire passionnante. Une de ses connaissances, Madame Dupont, avait complètement guéri de son asthme grâce à une concoction à la base des feuilles d’orties qu’elle se préparait chaque jour et qu’elle buvait le matin.

Bien sûr, en entrant dans le cabinet  du Docteur Soin-Bobo, la première question de Monsieur Astmatix était sur les orties.

« On m’a dit qu’on pouvait guérir complètement en buvant cette concoction ! »

« Super ! dit le Docreur. Et on ne vous a pas encore parlé de l’urine du jeune veau ?

« Ah, non, ça, ce n’est pas sérieux ».

« Mais il y a des gens qui se sentent mieux après l’avoir bue. Pourtant, moi, je ne peux pas vous recommander cela. Autrefois, c’est comme ça qu’on élaborait les schémas du traitement. Tiens, ça a marché. Pourquoi ne pas le recommander aux autres ? Mais, malheureusement, ça ne marche pas à tous les coups. Les uns se sentent mieux, et les autres, encore plus mal. Les médecins ont donc compris que le médicament n’est pas le tout. Ça se joue aussi entre le médecin et le patient.

Si vous me faites confiance, vous savez que je suis un bon médecin et que je vous donne un cachet en disant que ceci est un remède miracle et que tous mes patients l’apprécient déjà, qu’ils ont guéri et se sont mis à courir sur de longues distances, il y a de fortes chances que ce cachet vous soulage. Même s’il ne contient pas de médicament, si c’est une « coquille vide », un placébo. Le doute ou, inversement, la confiance s’accrochent très profondément, au niveau du subconscient, et alors nous en voyons des effets : soit des effets médicaux, soit des effets secondaires ».

« Moi, à vrai dire, je me sens déjà mieux rien qu’à vous voir et à vous parler ».

« Avoir la foi, c’est merveilleux, mais cela n’aide pas toujours et cette aide et peu prévisible. Les médicaments qu’on prescrit aujourd’hui pour combattre l’asthme, ont fait leurs preuves face au placébo. C’est-à-dire, un groupe de patients recevait le médicament, et l’autre, le placébo. En apparence, ils étaient identiques, ni le médecin, ni le malade ne savaient ce qu’il y avait à l’intérieur. C’est ce qu’on appelle « un double aveugle contrôlé par placébo », le standard en or de la recherche médicale moderne. Plus le côté mathématique de l’affaire : le nombre des patients, la différence des indices doivent être statistiquement fiables. Cette nouvelle médecine, qui ne marche pas « au pif », mais qui s’appuie sur les preuves sérieuses, s’appelle médecine factuelle. En tant que médecin, je me sens beaucoup plus assurée quand j’utilise les données de la médecine factuelle, c’est beaucoup plus tranquille, on a moins de surprises.

 

Il vaut mieux mener l'allergie par le bout du nez

 

Monsieur Asthmatix: Je ne peux même pas dire quand j'ai commencé à avoir des problèmes avec le nez. Mais le nez qui coule, ce n'est pas grave. Bien que ça fatigue.

 

Docteur Soin-Bobo (c'est une petite digression qu'on n'est pas obligé de lire). Pourquoi notre nez à une image tellement terni? Que de compliments ont été dits à l'adresse de ses voisins les plus proches: les yeux, les lèvres, les joues... Mais le nez est un vrai proscrit, le plus poétique qu'on puisse retrouver, c'est le nez de Cyrano de Bergerac. Souvent, nous ne payons pas au nez le respect qui lui est dû, nous essayons de ne pas le remarquer, de ne pas lui attacher d'importance. Un nez qui coule, la belle affaire!

 

La vie est injuste. En réalité, le nez est un élément très important et très utile. Il travaille comme filtre et climatiseur de l'air inspiré, c'est-à-dire, il le purifie, l'humidifie et le réchauffe, pour que ce soit un contenu sécurisé qui rentre dans les bronches et les poumons. Et la vie sans odeurs, est-ce une vraie vie?

Il y a plus que ça. Ce nez qui, on ne sait pas pourquoi, n'arrête pas de couler, peut relever non pas d'un rhume, mais d'une allergie (un rhume qui dure plus de deux semaines n'en est plus). .

 

Hélas, 50-60% des souffrants de cette maladie, l'inflammation allergique descend dans les bronches, et l'asthme bronchique s'y joint.

Il y a un schéma assez simple des symptômes du rhume allergique, qui aide à comprendre sur quelle stade de la maladie nous nous trouvons.

 

1.Nez bouché

 

2.Eternuement, démangeaisons dans le nez

 

  Unilatéral, passager

1 points

rares

1 point

  Bilatéral, passager

2 points

Fréquents, éternuements par salves

2 points

  bilatéral constant

3 балла

Presque permanents

3 балла

  si cela enfreint le e    rythme   de vie normal

1 балл

Si cela enfreint le rythme de vie normal

1 балл

  3.Ecoulement du nez

 

4.Symptômes concomitants

 

  rares

1 point

Mal de tête

2 points

  fréquents

2 points

Mal au visage

2 points

  constants

3 points

Baisse ou perte de l'odorat

2 points

Si cela enfreint le rythme de vie normal

1 point

 

 

1 -3 points correspondent à une forme légère de la rhinite allergique, 4 -7 points, à une forme moyenne, si vous avez plus de 7 points, vous êtes gravement malade. 

         Monsieur Asthmatix: Ben, moi j'ai 7 points environ. Et qu'est-ce que j'en fais?

          Docteur Soin-Bobo: Bonne question. Il est important de ne pas laisser couler, mais agir. On ne pourra pas se passer d'un médecin. Il faut établir les causes du rhume. Peut-être c'est une allergie, peut-être, les polypes, ou une hypersensibilité du nez  qui n'est pas toujours due à l'allergie, ou bien tous ces éléments ensemble, ou encore autre chose. Dans chacun des cas, il faut élaborer un plan d'actions ensemble avec votre médecin pour arrêter l'inflammation au niveau du nez et ne pas la laisser descendre dans les  bronches.

 

Nous vous invitons à nous envoyer les citations consacrées au nez. Peut-être, tout n'est pas si désespéré...