Ce qu'un inhalateur pourra nous dire

 

Le nom

Le mĂ©dicament a souvent deux noms. En grosses lettres, celui donnĂ© par le producteur. En petites lettres, d’habitude en dessous, son nom international (sa formule). Ainsi apprenons-nous que le nom international de la Ventoline est salbutamol. L’Airomir, c’est aussi du salbutamol, ainsi que l’Asmasal et le SprĂ©or.  (Tout comme le salbutamol, Loran Asthmatix a plusieurs prĂ©noms : sa femme l’appelle Lo, son ami Maurice, Lolo, et Ă  l’école, on le surnommait « Loco Â» (il bougeait beaucoup). Mais, dans l’essentiel, il reste toujours M. Loran Asthmatix).

 

Combien de médicament il y a dedans.

 

       Sur chaque inhalateur de poche est marquĂ© le nombre des doses qu’il contient. M. Asthmatix n’y a pas fait attention tout de suite.

Si on appuie et qu’il en sort quelque chose, c’est que le petit bonhomme vit encore. Les inhalateurs sont chers, il faut donc les utiliser Ă  100 %. Alors, un jour, malgrĂ© le traitement rĂ©gulier, M. Asthmatix a eu une crise grave. C’est sa femme Marie-JoĂ«lle qui a devinĂ© la raison de cette crise. « Lo, mon chĂ©ri, tu as cet inhalateur depuis des siĂšcles, ça doit faire longtemps qu’il est vide ». Le Docteur Soin-Bobo l’a confirmĂ© : c’est le gaz porteur qui continue Ă  sortir de l’inhalateur, mais il n’y a plus de mĂ©dicament. Les producteurs sont des gens de commerce, ils n’y mettront jamais plus qu’il n’est indiquĂ© sur l’étiquette.

Aujourd’hui, plusieurs sociĂ©tĂ©s Ă©quipent les inhalateurs avec des compteurs de doses, pour que l’on puisse voir tout de suite, combien il en reste. Mais, quand il n’y a pas de compteur, M. Asthmatix tĂąche de noter le jour oĂč il s’est servi de l’inhalateur pour la premiĂšre fois, pour savoir approximativement quand il devra le remplacer pour ne pas mettre sa santĂ© en danger.

 

Le délai de validité

 

            Sur l’étiquette de l’inhalateur, on Ă©crit toujours son dĂ©lai de validitĂ©. Ce n’est pas que le contenu va tourner une fois ce dĂ©lai expirĂ©, mais les capacitĂ©s du mĂ©dicament baissent considĂ©rablement. Garder son inhalateur bien-aimĂ© pendant des annĂ©es « pour les mauvais jours » peut ne pas se rĂ©vĂ©ler trĂšs Ă©conome, car il peut tout simplement cesser d’agir.

            Une triste histoire s’est passĂ©e avec une collĂšgue de maladie de M. Asthmatix, une AmĂ©ricaine qui, comme lui, souffrait de l’asthme. On lui a prescrit le traitement d’un inhalateur anti-inflammatoire.  Pendant quelque temps, elle s’est sentie bien, ensuite, son Ă©tat a empirĂ©, bien qu’elle appliquĂąt le traitement honnĂȘtement. A chaque consultation les mĂ©decins vĂ©rifiaient si elle utilisait correctement l’inhalateur – et oui, elle le faisait correctement. La malade se sentait de plus en plus mal, elle cherchait de l’aide, changeait de mĂ©decin. Le troisiĂšme mĂ©decin est venu la consulter chez elle (elle marchait dĂ©jĂ  Ă  peine) et lui a demandĂ© de montrer l’inhalateur. En le soupesant, il a senti que l’inhalateur est vide. Mais depuis quand vous vous en servez ? demande le docteur. Vous voyez bien, rĂ©pond la malade, c’est Ă©crit : valable jusqu’au 2010 (cela s’est passĂ© en 2009). Et je l’utilise depuis qu’on me l’a prescrit.

            Bien sĂ»r, le docteur a tout de suite compris, et il a expliquĂ© Ă  la femme que les 200 doses qu’il y avait dans l’inhalateur, elle les a terminĂ©es pendant le premier mois de traitement, et les 2 derniers mois, n’inspirait que de l’air. La triste histoire a bien fini, la malade a commencĂ© Ă  prendre du mĂ©dicament rĂ©el, et son Ă©tat est revenu Ă  la normale.

 

            Le dĂ©lai de validitĂ©, c’est le temps pendant lequel on peut garder le mĂ©dicament sans qu’il perde ses capacitĂ©s mĂ©dicales.